Idées en mutation

  • Editions Europan
  • 224 pages
  • juin 2012
  • Format 21x28cm
  • Prix public: 20,00 € (hors frais d'envoi)

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Résumé de la publication

Idées en mutation
Réalisations Europan 2008-2012

Le livre Idées en mutation, réalisations Europan 2008-2012 est publié à l’occasion du Forum de clôture de la 11ème session d’Europan, en même temps que le catalogue européen des Résultats. À l’occasion de la célébration des idées primées d’une session il est stratégique d’envisager leur devenir au regard des réalisations issues des concours précédents.

Ce livre présente 60 processus actifs au cours des deux dernières sessions de 2008 à 2012 ; il n’a pas de prétention d’exhaustivité, il s’agit plutôt de montrer un panel de démarches innovantes à différents stades dans le long parcours du passage des idées aux projets de mutation des situations urbaines dans des contextes réels.

Le choix de la présentation a été, tout en respectant leur diversité, de les réunir en six familles thématiques qui associent chacune une ques­tion de projet à une question de processus.

1 - Inventer des typologies pour diversifier les usages : La ville du 21ème siècle sera celle des espaces aux usages hybrides comme réponse à la diversité des modes de vie et à l'intensification urbaine qu'un siècle d'urbanisme fonctionnel avait niées. A l'échelle du projet urbain cet enjeu apparaît à différentes échelles : le quartier qui doit offrir des fragments avec différents usages reliés entre eux, les îlots qui doivent intégrer verticalement plusieurs fonctions, et finalement l'immeuble qui doit favoriser la vie sociale.
Mais comment atteindre cet objectif d'entrelacement des usages, et comment produire les espaces adaptés ?

2 - Créer une fluidité urbaine grâce à la porosité du bâti : Faire la ville en créant des cheminements fluides accueillant diverses mobilités est un enjeu dans les projets urbains aujourd'hui. Les architectes proposent de créer une porosité dans le tissu urbain. Le bâti, tout en continuant à jouer son rôle de limite des espaces publics classiques (rues, places, etc..), se laisse traverser par les mobilités douces.
Mais comment réaliser ces espaces intermédiaires et leur donner un caractère public tout en préservant la dimension privée et la sécurité des espaces traversés ?

3 - Régénérer les milieux habités : Dans le contexte du développement durable, s'entrelacent territoires (de l'intimité à la proximité, du dedans au dehors, du proche et du lointain), milieux naturels et lieux, articulant une histoire singulière et collective. Comment l'acte d'habiter, au cœur des mutations sociétales et urbaines, peut-il s'articuler avec celui de valorisation des ressources naturelles, au cœur d'une approche écologique de la ville ? Et comment cette articulation/hybridation peut-elle s'inscrire dans des processus de coproduction (habitant, maître d'ouvrage, collectivité politique, maître d'œuvre) ? 

4 - Réconcilier densité et habitat individuel : Conserver des ressources naturelles et minimiser la consommation d'énergie fossile impliquent une densification des tissus urbains existants. Mais alors que la majorité des citadins rêve d'habiter une maison dans la nature, avec les services urbains à proximité, comment penser un habitat densifié qui attirent néanmoins les habitants ? Le Corbusier avait imaginé la typologie de l'"immeuble villas" supposé réconcilier maison individuelle et immeuble collectif. Cette référence est-elle encore pertinente et quelles figures d'habitat dense imaginer pour concilier la préservation des ressources et les demandes des citadins ?

5 - Connecter grâce aux espaces partagés : Le fonctionnalisme urbain considérait la ville comme un vaste lotissement où répartir les objets bâtis aux fonctions clairement différenciées. Les réseaux de mobilité rapide ont renforcé cette extrême fragmentation. La régénération des quartiers est une opportunité pour dépasser cette logique ségrégative. Il s'agit introduire des  liens entre les immeubles grâce à l'insertion, dans les espaces vides ou négligés, d'espaces partageables par les citadins pour des usages plus collectifs.
Mais comment dépasser la logique sectorielle des acteurs qui sépare plus qu'elle ne relie ? Et comment, dans les processus urbains, éviter la privatisation systématique des espaces de proximité pour au contraire leur donner une dimension publique ?

6 - Faire la ville avec les flux : L’histoire de la mobilité est liée aussi intimement à l'histoire de la ville, qui se construit à partir des flux. La métropole devient symbole du mouvement, les flux représentent la ville qui à son tour devient le terrain d'expression de la mobilité.
Pourtant l’urbanisme moderne a brisé ce lien préférant séparer les voiries aux différentes vitesses et développer le zoning des fonctions sur le territoire.
Aujourd’hui, à l’ère du développement durable, l'enjeu est de reconstruire un lien entre réseaux de mobilité diversifiés et tissu urbain. Comment relier la métropole des vitesses rapides et les espaces de proximité des mobilités douces ?

Cette présentation par grands thèmes met en évidence l’importance dans les processus de la phase de définition de la stratégie, là où les visions du concours bousculent ou dynamisent le cadre de la commande dans un contexte donné, grâce à la réinterprétation des contextes qu’elles produisent. Grâce à leurs lignes de force mais aussi à leur formalisation non finie, ce qui n’est encore que des hypothèses, dès lors que les acteurs s’engagent dans un processus de projet négocié, permet d’imaginer un futur et élargit le champ des possibles des mutations programmées. La crédibilité des idées issues des concours Europan s’est renforcée auprès des représentants des sites grâce sans doute à ce rôle des projets d’idées conçus par des équipes de concepteurs aux sensibilités et compétences élargies face aux enjeux urbains.

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