janv. 1990 - janv. 1991 Europan 2 Habiter la ville

Pays et sites participants

EUROPAN 2 - 11 pays organisateurs

Europan Belgique/België/Belgien
Europan Deutschland
Europan Ellás
Europan España
Europan France
Europan Italia
Europan Jugoslavia
Europan Nederland
Europan Österreich
Europan Schweiz/Suisse/Svizzera/Svira
Europan Sverige

EUROPAN 2 - Les villes, 49 situations urbaines proposées

Belgique/België/Belgien: Bruxelles / Anderlecht-Arts et Métiers, Charleroi
Deutschland: Berlin, Duisburg, Halberstadt, Rostock, Speyer
Ellás: Athinai, Rhodos, Thessaloniki
España: Alcalá de Henares, Basauri-Bilbao, Caravaca de la Cruz, Meaques-Madrid, Madrid, Mendillorri-Pamplona, Sevilla, Valencia
France: Amiens, Chateauroux, Dunkerque, Rezé, Sète, Vizille
Italia: Alessandria, Brescia, Carrara, Cordenons, Firenze, Nova Gorica (YU) with Gorizia, Padova, Taranto
Jugoslavija: Beograd, Nova Gorica (YU) with Gorizia, Zadar, Zagreb
Nederland: Apeldoorn, Breda, Nijmegen, Zaanstad
Österreich: Graz, St-Pölten, Wien
Schweiz/Suisse/Svizzera/Svizra: Baden, Delémont, Genève, La-Chaux-de-Fonds
Sverige: Jönköping, Stockholm, Umeå

Theme

HABITER LA VILLE
Re-qualification de sites urbains

L'objectif d'Europan 2 est de faire réfléchir aux possibilités de recomposition urbaine à partir de nouvelles stratégies dans lesquelles l'habitat jouerait un rôle principal ou déterminant. Il s'agit de qualifier ou de requalifier un site en le replaçant dans l'évolution globale du quartier, de la ville et en intégrant les exigences nouvelles issues de la transformation des modes de vie et de leur pluralité. Il s'agit aussi d'imaginer quels processus de mise en œuvre seront les plus adaptés aux réalités urbaines contemporaines.

De multiples opportunités foncières existent. Elles pourraient être utilisées pour la réalisation de logiques urbaines intégrant mieux l'habitat. Il s'agit d'utiliser des sites qui existent dans pratiquement toutes les villes d'Europe, dans les quartiers centraux comme en périphérie, terrains en friche, obsolètes par leur usage, zones dégradées ou laissées pour compte. Autant de sites sensibles qui pourraient jouer un rôle urbain déterminant dans l'évolution des villes et que les aménageurs partenaires d'Europan 2 soumettent à la réflexion des concurrents.

 

HABITAT ET MODES DE VIE

L'évolution des phénomènes démographiques et des comportements sociaux, le développement de la consommation de masse, l'inflexion des rapports de sociabilité, expriment une transformation des modes de vie. Il est important d'en saisir les permanences, d'en repérer et d'en mesurer les déplacements et d'évaluer leur impact sur les formes de l'habitat et de son environnement. 

Car si les transformations des habitudes et des attentes des gens doivent avoir une incidence sur l'espace interne du logement, elles impliquent aussi une adaptation des rapports que le logement entretient avec le quartier, la ville, ses formes urbaines et les autres fonctions qui y prennent place (commerce, travail, loisir, culture, etc.). Cette adaptation paraît d'autant plus impérative que, dans le contexte de l'homogénéisation de l'espace interne des logements qu'on constate depuis plusieurs décennies, la situation urbaine du logement, les services et prolongements externes dont il dispose deviennent un critère déterminant pour son usage et pour sa qualité. De plus, la diffusion des techniques de communication, et l'expansion des circulations engendrent une mutation des relations entre l'habitat et les autres fonctions urbaines et entre les différents quartiers des villes. Quels liens l'habitat doit-il entretenir avec les espaces du travail, des loisirs, de la culture? Quels doivent être ses rapports fonctionnels et symboliques avec les espaces publics et les réseaux de communication?

 

DYNAMIQUES ET FORMES URBAINES

Le renouveau actuel du développement urbain lié aux mutations économiques et technologiques s'accompagne d'une transformation des formes urbaines. L'expansion des transports et des communications induit simultanément concentrations et éclatements des agglomérations. La ville aujourd'hui ne peut plus se penser comme un objet fini ou figé. Fragmentée, parcellisée, elle se structure à partir des réseaux et des voies de circulation. Quelle valeur et quel rôle attribuer dans ce contexte aux formes urbaines traditionnelles et aux anciennes centralités? Quelle forme et quel statut peut prendre aujourd'hui une opération de recomposition urbaine?

 

IMAGE DE MARQUE

L'ouverture européenne et les transformations de l'économie imposent aux villes un processus concurrentiel, dont dépend leur dynamique de développement. Les villes doivent se présenter comme des produits vendables et consommables. Pour se placer au mieux dans cette compétition, elles cherchent à attirer et à retenir les activités les plus dynamiques et les plus modernes: tertiaire qualifié, industrie de haute technologie, recherche, et la population de cadres, d'ingénieurs et de techniciens, réputée nécessaire à leur fonctionnement. Elles ont donc besoin de se forger une image de marque et de se doter de structures urbaines propres à répondre à ces exigences. C'est pourquoi la dynamique des villes paraît aujourd'hui polarisée autour des nouveaux concepts économiques et urbains. Technopôles, technoports, complexes commerciaux, centres de congrès, grands équipements culturels, sportifs ou de loisirs, se présentent comme les moteurs des transformations urbaines et de leur dynamique. Par leur rôle économique, par leur apport en terme d'image de marque, leur activité et leur présence ont des répercussions qui au delà de l'impact direct sur l'environnement peuvent complètement modifier la structure fonctionnelle, sociologique, esthétique et urbaine d'un quartier, d'une ville, voire d'une région. Mais très souvent, ces équipements laissent peu de place à l'habitat et à l'urbanité. Pourtant, l'habitat constitue toujours l'essentiel du paysage urbain. Son poids reste fondamental. De plus, sa présence dans des quartiers orientés sur les grands équipements impose désormais une attention accrue à la qualité de l'environnement en général et à la création d'une vie urbaine. 

Qu'il s'agisse des grands équilibres intra-urbains ou de la limitation de l'impact des nuisances de toutes sortes liées à l'activité urbaine sur le plan local, l'échelle et les formes des interventions sur la ville revêtent une dimension écologique qu'il faut intégrer. Quel rôle qualitatif l'habitat peut-il jouer dans des opérations de recomposition urbaine? Quel impact peut-il avoir dans un processus de transformation de la ville. Est-il un facteur parmi d'autres, contribuant à la création d'une vie urbaine de qualité ou est -il un maillon essentiel de cette recherche ?

 

CROISEMENT DES TEMPORALITÉS

Comme pour le patrimoine urbain, les anciennes structures sociales et les anciens modes de production perdurent et constituent toujours une grande part du tissu économique et social de la ville. L'urbain est le lieu des coexistences sociales et économiques et du croisement des temporalités. Il doit pouvoir s'adapter aux exigences du quotidien comme aux évolutions du moyen terme tout en intégrant les permanences du long terme. Il doit donc se penser en terme de générations. Les nouvelles formes de développement polarisées sur l'économique, centrées sur certaines activités et autour de quelques catégories sociales sont-elles adaptées aux évolutions futures et aux retournements de croissance? Les formes urbaines qu'elles engendrent sont-elles aptes à intégrer les permanences économiques et sociales? Quels sont leur place et leur rôle par rapport à la ville traditionnelle?

Comment une opération de recomposition urbaine intégrant l'habitat peut-elle répondre à ces exigences? Quelle attitude adopter face à la tendance "naturelle" à la ségrégation sociale et fonctionnelle des quartiers qui conduit à la survalorisation de certains sites et à l'abandon d'autres zones? Doit-on tenter de contrecarrer cette tendance lorsqu'on agit sur la ville ou au contraire l'accepter et imaginer de nouveaux liens et de nouvelles communications entre les fragments urbains.

 

POLYFONCTIONNALITÉ

L'essence même de la ville est l'existence d'une activité plurielle. Mais dans la ville contemporaine, atomisée, la polyfonctionnalité prend des formes nouvelles. De la mixité des tissus urbains traditionnels aux zonings rigides de l'urbanisme moderne, le voisinage, ou la coexistence des fonctions dans l'espace peuvent prendre des formes très diversifiées. Quelles fonctions doivent être mélangées ou séparées? La traditionnelle mixité du tissu urbain doit-elle être réinterprétée, reconduite ou abandonnée? Doit-on chercher à l'étendre ou la réserver à certaines localisations urbaines? Faut-il tenter d'inventer de nouvelles formes de mixité ou au contraire accepter la tendance à la spécialisation des fragments urbains et reporter la question des liaisons à l'échelle urbaine, par le développement des réseaux de communication?

Cette question fondamentale de l'échelle et de la qualité de la polyfonctionnalité doit se doubler d'une réflexion sur la portée que peuvent avoir les solutions proposées. Peut-on encore élaborer des réponses et des principes généraux, ou doit-on adapter les réponses à chaque agglomération voire à chaque site en fonction de ses caractéristiques et des souhaits de ses habitants?

 

STRATÉGIES OPÉRATIONNELLES

Parallèlement au renouveau de la croissance urbaine, les modes de gestion et d'intervention urbaines se transforment. L'urbanisme contemporain se caractérise par la recherche de modèles d'efficacité et d'échelles d'intervention pertinente, ce qui conduit certains pays à décentraliser tandis que d'autres reconcentrent les organismes et les pouvoirs chargés de l'aménagement. D'une manière générale les approches de l'urbanisme sont moins globalisantes, moins dirigistes que par le passé. Elles se caractérisent aussi par le poids accru des partenaires privés dans les réalisations urbaines. Quel projet de cité pourrait fédérer les énergies souvent contradictoires concourant à transformer la ville? Comment utiliser le pouvoir d'induction d'une simple opération ? De quel processus de réalisation doit-il être doté pour qu'il puisse intégrer d'autres opérations à sa dynamique, afin d'entraîner un mouvement de recomposition plus large? 

La sensibilité accrue des citoyens à la qualité de leur environnement implique aussi de poser la question de leur participation à sa définition. Peut-on imaginer des approches et des processus de réalisation démocratiques, ouverts à l'expression et à la réalisation des désirs des habitants? Quels seraient dans cette optique le rôle des techniciens et leur rapport aux populations concernées?

L'étendue de ce faisceau de questionnement qui porte autant sur les processus de réalisation que sur les formes urbaines ou l'espace interne de l'habitat, implique l'existence de plusieurs échelles de réponses qui devront être clairement exprimées et intégrées à la forme du rendu du concours.

Retour en haut