9 lieux jusqu'à la mer

Résultats E15
déc. 2019

Saint-Omer (FR) - Mentionné

DONNÉES DE L’ÉQUIPE

Représentant d’équipe: Mathieu Labeille (FR) – paysagiste 
Associée: Ségolène Merlin Raynaud (FR) –  architecte

GRANDTOUR Art & Paysage
54 rue du Taur, 31000 Toulouse (FR) 
+33 6 83 26 57 82 – mathieu.labeille@grandtour-paysage.fr – www.grandtour-paysage.fr

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Ségolène Merlin Raynaud, Mathieu Labeille


VIDEO (faite par l'équipe)

 

INTERVIEW

1. Comment s'est constituée votre équipe à l'occasion du concours ?
Notre équipe s'est constituée autour d'une série de désirs communs : progresser dans nos manières respectives de faire du projet, mais aussi avancer dans certains questionnements précis que nous partagions face au paysage et à la commande contemporaine.


2. Quelle est la problématique principale du projet et comment avez-vous répondu à la question centrale de la session : lʼadaptabilité à travers l'Auto-Organisation, le Partage et/ou le Projet (Processus) ?
A Saint-Omer, nous avons été guidé par une intuition extrêmement simple. Il nous a semblé qu'il était nécessaire de recentrer la question posée autour d'un principe essentiel : avant toute chose, l'eau est productrice d'art. Cette idée, nous l'avons appréhendée de façon large et avons souhaité évoquer aussi bien l'art de vie propre au territoire que l'art du paysage spécifique que l'on y rencontre, dans le marais et ailleurs. A partir de ce point de départ, en prenant le parti de faire de l’art du paysage le support d’une discussion avec le territoire, nous avons cherché à composer le projet le plus libre et le plus fort possible. Nous n'avons donc pas tant interrogé la place des activités productives au sein de la ville que la place de l'homme, et donc de la ville, dans un territoire très fortement marqué par l'eau. 

 

3. Comment la problématique et les questions posées par la mutation du site se sont-elles croisées ?
Pour nous, les sites donnés au concours étaient comme autant de séquences décisives sur lesquelles agir afin de renouveler et de perpétuer les relations entre la ville et son grand paysage. A ce titre, nous avons considéré qu'ils pouvaient jouer le rôle de modèles. L'évidence de ce caractère exemplaire nous est apparu très tôt et nous a permis de questionner en permanence le rapport entre la petite et la grande échelle. Au-delà, c'est principalement la question du déplacement dans le paysage qui nous a donné les outils pour explorer un tel croisement : en replaçant les 5 lieux donnés dans un système plus vaste, celui d'un grand chemin allant de l'amont à l'aval le long de l'Aa, en ajoutant 4 autres sites aux extrémités et au cœur du dispositif, puis en nous posant la question de leur transformation à travers le projet de paysage, nous avons constamment fait dialoguer la problématique et les sites.

 

 

4. Avez-vous déjà traité cette problématique précédemment ? Quels ont été les projets références pour le vôtre ?
Dans une discipline aussi transversale et aussi dépendante du site que le paysage, il est difficile de citer des références de projet particulières. Cependant, notre travail s'est appuyé sur un très vaste corpus d’œuvres : • d'une part, les extraordinaires vues d'archives disponibles à l'échelle de l'Audomarois, celles des marais bien sûr, mais aussi celles des fortifications de la ville, qui possédaient des structures plantées d'une ampleur assez exceptionnelle, • d'autre part, les œuvres d'art anciennes représentant Saint-Omer, au premier rang desquelles les toiles de Corot, les dessins de Turner ou de Bonnington, • et enfin, une série de références plus libres, en relation avec nos intuitions de projet, touchant aussi bien à l'art contemporain, de Mary Miss à Maya Lin, d'Hamish Fulton à Thomas McIntosh, qu'au cinéma, de Peter Weir à Abbas Kiarostami.

  

Saint-Omer, l'ancienne porte Sainte Croix 

Camille Corot, Saint-Omer, huile sur toile
Abbas Kiarostami, Five : a pond

5. Aujourd'hui, à l'ère de la crise économique et du développement durable, le projet urbanoarchitectural doit repenser son mode de fabrication dans le temps ; de quelle manière avez-vous intégré la question du projet processus ?

Il s'agit sans aucun doute de la question centrale. En la matière, nous avons cherché à mêler mise en mouvement des territoires, participation de la population, économie de l'intervention... Au mois de juillet 2019, à quelques semaines du rendu, nous avons refait nous-mêmes sur deux jours l’expérience de cheminement du projet. Entre les tracés existants - GRP, sentiers agricoles - et ceux à inventer, nous avons donc pu vérifier la faisabilité de la proposition. A l’aune de cette matière première, nous avons acquis la conviction que dès le démarrage des études, des promenades paysagères et urbaines pourraient très facilement être initiées, afin de tester et d’esquisser le tracé définitif de ce grand chemin de l’eau. Un dispositif événementiel spécifique de découverte du territoire, de type Biennale itinérante, pourrait dans la foulée être mis en place - évoquant aussi bien le Parcours Estuaire ligérien que le tracé marseillais du GR2013. Ces initiatives contribueraient à créer une nouvelle dynamique territoriale, centrée sur le paysage et sur les sites repérés dans l’EUROPAN 15.

6. Est-ce la première fois que vous êtes primé à Europan ? De quelle manière cela peut-il vous aider dans votre parcours professionnel ?
Oui, c'est la première fois pour chacun des deux membres de l'équipe. Notre participation au concours Europan a d'abord été pensée comme un moyen de cristalliser et d'approfondir des questions qui nous occupaient de longue date – celle des rapports pouvant exister entre paysage, représentation et projet pour l'un, celle de la marche et du déplacement dans le paysage pour l'autre. Au-delà, chacun à notre manière, nous considérons l'expérience de cet Europan 15 comme un pas décisif dans l'invention et la consolidation de nos approches respectives.

 

IDENTITÉ DE L’ÉQUIPE

Agence : Grandtour Paysage - Toulouse (FR), Ségolène Merlin Raynaud
Fonction : Paysagiste, architecte
Âge moyen de l'équipe : 35 ans

L’équipe a-t-elle, ensemble en totalité ou en fragments, conçu, voire réalisé, des projets et/ou gagné des concours ? Si oui, lesquels ?
Ensemble, non, même si des collaborations ont eu lieu au moment nous travaillions tous deux pour l'agence MDP – Michel Desvigne Paysagiste à Paris, notamment sur le Plan guide des espaces publics du centre-ville de Marseille. Mathieu Labeille, dans le cadre de l'agence GRANDTOUR Art & Paysage : Plan Guide paysager du centre-ville de Montauban (2019), Cent dessins de paysage, livre d'artiste (2016) Ségolène Merlin Raynaud : Concours Up Trouville, Projet Nominé.